En 1998, Amnesty International et HIVOS ont organisé, en parallèle des Gay Games d’Amsterdam, une conférence sur les droits humains. Empowerment Lifestyle Services a été chargée d’organiser un atelier sur l’éducation pour lutter contre l’homophobie. Il s’agissait alors du premier atelier international sur ce thème.
Cinq orateurs ont pris la parole devant un parterre de vingt personnes de tous les continents. Les orateurs étaient Toni Reis du Brésil, Alan Segal du Sénégal, Anna Leah Sarabia des Philippines, XXX d’Afrique du Sud et Peter Dankmeijer des Pays Bas.
Lorsque Empowerment a organisé l’atelier, il est devenu évident que des défis majeurs se posaient pour débattre de l’éducation aux questions LGBT dans les différentes cultures. La première question posée aux orateurs invités était : qu’entendez-vous par « éducation » ? Il s’agissait d’une question tout à fait pertinente. Parlons-nous d’éducation formelle (écoles, formation) ou d’éducation informelle (apprentissage sur le tas, séances thématiques) ? De quel type d’écoles ou établissement d’enseignement formel parlons-nous ? Quels sont les groupes cibles : enfants, adolescents, hétérosexuels, population LGBT, professionnels ? Dans le cadre de l’atelier, Empowerment a décidé de se concentrer sur l’éducation des jeunes hétérosexuels afin de lutter contre l’homophobie, notamment dans les écoles.
Pendant l’atelier il est devenu clair que le travail éducatif est extrêmement varié, mais les points communs demeurent. Les divergences semblaient majoritairement dues au contexte sociopolitique, qui détermine largement l’accès au système éducatif et aux jeunes. Dans un contexte plus conservateur, il est plus difficile d’y avoir accès.
Néanmoins, une fois que les éducateurs ont trouvé un canal d’accès, les discussions qu’ils mènent avec les jeunes se recoupent largement partout dans le monde. La plupart des jeunes sont surpris et posent de nombreuses questions (souvent simplistes, souvent les mêmes). Certains ont peur et sont en colère. Ces enfants et leurs parents, souvent des religieux fondamentalistes, constituent le défi principal à relever pour les éducateurs.
A l’issue de cet atelier, une recommandation a été formulée : créer un réseau international pour l’échange et améliorer la qualité des travaux effectués. Cela s’avèrerait extrêmement utile pour l’échange de bonnes pratiques sur le dialogue autour de l’homophobie et l’hétéro normativité.